18/10/2019
Je vous raconterai cette révolte, car j’y étais
Il y avait ces chants
Ces chants nés de notre fière demande d’exister,
de notre droit inatteignable à une vie décente,
Ces chants qui célèbrent un Liban éternel
Ces chants qui caressent nos peines.
Il y avait ces voix
Ces voix unies dans leur belle diversité
Il y avait ces visages
Ces visages parmi lesquels j’ai vu
Une tête haute, vidée d’insulte et digne de son deuil
Le deuil du ce Liban, ce rêve, ce parfum
J’ai vu des inconnus, loins de moi, loins de ma culture
Dans leurs yeux, les armes jettées
Dans leurs sourires, la gratuité
Je vous ai raconté cette révolte.
Je ne vous raconterai pas le Liban d’antan, car je n’y étais pas.
Ce que nos parents disent être tellement différent
De la corruption et du vol que l’on voit maintenant .
J’aurais voulu noircir mes pieds à force de marcher dans ses villages
Écrire et peindre infiniment l’histoire de son peuple, lui rendre hommage
Alors je vous raconterai, pour qui veut l’entendre, cette révolte
Pas celle d’aujourd’hui, celle de plusieurs décennies
Car cette rage, je l’ai dans mon cœur
À chaque fois que je vois la médiocrité irradier
Que je touche du doigt leur superficialité
À chaque fois que l’on ravage nos forêts
Et que l’on fait taire notre identité, sur nos terres ou à l’étranger
À chaque fois que l’injustice affiche son visage carnassier
Car elle se moque de vous, vous dont les yeux sont fermés
Par un filtre sensationnel caché sous le nom de fidélité
“Il a sauvé mon père, donc je le suis”
Obsolète est cette réflexion, mais souvent la raison est-elle piétinée par l’émotion
Je me révolte contre vous qui défigurez et dissimulez la réalité
Ils vont raconterons, eux, ce qu’elle est.
Eux.
Le peuple.
Il crit. Il chante. Il est là.
Descendez dans les rues.
Je vous raconterai cette révolte, car j’y étais
Je vous raconterai cette révolte, car elle est en moi, elle est en nous
Alors craignez notre combat
Le temps de la justice est là