Une routine, une répétition, un cercle vicieux, ou plutôt un cycle infernal, un temps si élastique qu’il en devient plat, infini, et puis, la rupture : un moment, celui ou tout bascule.
Et c’est comme ça, c’est toujours une question de moments, ceux qui nous définissent et définissent tout notre univers avec eux. Tout revient toujours à cet enfer temporel, à la fameuse frise sans queue ni tête, interminable. Et puis la rupture. On dit souvent que pour vivre dans un monde, il faudrait d’abord le fonder. Et un monde, ça nait en un moment, un éclat, avec le début d’une révolution.
Il y a des jours, des mois et même des années interminables, ou l’on a l’impression qu’il ne se passe rien. Et puis, il y a des minutes, des secondes, des moments qui contiennent tout un monde. Ces moments qui te coupent le souffle mais surtout, ceux qui te rongent les tripes. Ceux qui te bousculent et te transforment.
Et une minute a suffi, une seule minute, un seul éclat, un premier cri, une première explosion. Un simple moment qui a créé un nouveau monde, un monde dont j’ai envie de faire partie.
Un monde qui a pris la forme des moments qu’il m’a permis de vivre.
Des moments qui n’auraient jamais eu lieu dans cette torpeur dans laquelle baignaient mes journées.
Et cette révolution prend la forme de ces moments, ceux d’un nouveau monde, un monde alternatif ou tout est possible, un monde où nous serions les protagonistes de notre propre histoire.
Dans ce monde, nous sommes de nouveaux personnages, ceux que la révolution a modelés.
Et, je l’avoue, c’est une transformation.
Du silence aux cris, de la torpeur a l’action, de marionnettes à révolutionnaires. Ça nous a plus ou moins changés.
Et j’aime ces personnes que nous sommes devenues, elles m’ont permises de me retrouver.
Car, pendant cette révolution, en me battant pour lui, je me réconcilie avec le monde !